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Un voyageur de commerce quitte sa maison et prend la route. Roulant paisiblement dans sa voiture rouge, il est rapidement gêné par un imposant camion-citerne. Ce dernier s'amuse à l'empêcher de le doubler. Puis le semi-remorque entame une sorte de jeu où il laisse passer la voiture avant de la doubler à nouveau, jusqu'à la piéger dangereusement. À partir de ce moment, s'engage une lutte implacable et disproportionnée entre les deux véhicules, un combat acharné et sans répit contre la machine, que l'homme devra mener seul, et dont la mort omniprésente semble être la seule issue.
L'histoire de Duel fut écrite par un auteur de science-fiction, Richard Matheson, et publiée dans Playboy. Même s'il fut initialement produit pour la télévision, Spielberg le considéra dès sa première version comme son premier film de cinéma et le qualifia lui-même d'«ésotérique». Le succès du film fut immédiat et lança la carrière du cinéaste. Sans doute l'un des plus grands films de Spielberg, Duel est un matériau silencieux, riche en tension, suspense, cinématographiquement idéal pour un ciné-concert.
Plutôt qu'à un ciné-concert, Olivier Mellano nous invite à un duel entre le film de Steven Spielberg et lui-même.La proposition est originale et gonflée:comment se permettre de ré-interpréter cette oeuvre magistrale où l'image et le son sont d'ores et déjà les deux éléments qui alimentent le sentiment d'épouvante et de peur du spectateur ?
La proposition est radicale : effacer la bande son originale du film et la remplacer par un univers sonore singulier qui fait fi des mélodies traditionnelles que l'on retrouve dans la plupart des ciné-concerts. On se rapproche un peu de la performance de Rodolphe Burger sur le film de Tod Browning, The Unknown (L'Inconnu).
Le dispositif scénique est déjà une nouvelle mise en scène du film : le guitariste debout face à l'écran, côtédroit. Et le paradoxe s'installe : la force naturelle des images de Spielberg fait oublier l'univers sonore du musicien qui s'est déjà imprégné de l'impact visuel du film, et pourtant, la multiplicité des gros plans sur le conducteur harcelé, joué par Dennis Weaver, ou sur le monstre-camion vient se confronter à la silhouette chétive de l'artiste sur scène. Une sorte de contre-plongée naturelle entre ce deuxième metteur en scène et le film, des champs contre-champs permanents entre la scène et l'écran.
La virtuosité de Mellano se retrouve aussi dans les contrastes sonores qu'il distille au fil des scènes : il étourdit le spectateur par des riffs saturés et assourdissants et bascule illico vers des sons mélodiques proches du folk américain pour se faire oublier totalement en laissant le spectateur livré à l'image seule.
Olivier Mellano prouve une fois de plus, après L'Aurore de Murnau, que la musique d'un film en ciné-concert n'est pas qu'une illustration ou qu'un accompagnement sonore, c'est aussi et surtout une ré-écriture surprenante et respectueuse de l'oeuvre originale.
Depuis 1995, par ses collaborations multiples aux côtés des grands noms de la scène pop-rock française (Dominique A, Miossec, Laetitia Sheriff, Françoiz Breut, Bed, Psykick Lyrikah...), Olivier Mellano est devenu un musicien incontournable des musiques actuelles.
Ce ciné-concert a été diffusé principalement en France et quelques dates à l'étranger (Tunisie, Angleterre, Chili, Brésil). Invité du Festival International du film de Reyjkavik en septembre 2009
En tournée 1 artiste , voyage au départ de Rennes