création octobre 2006 à la Cinémathèque Française, dans le cadre du cycle consacré au cinéma expressionniste allemand, selon RAMI et BACHAR KHALIFE (piano + percussions)
Méphisto vient tenter le vieux docteur Faust et fait un pacte avec lui : il lui rend la jeunesse et lui donne l'amour de Marguerite en échange de son âme... Le mythe de Faust transposé au cinéma, un grand classique du muet.
Rami et Bachar Khalife, deux jeunes musiciens prodiges qui ont été invités dans les lieux les plus prestigieux, composent, collaborent avec les plus grands musiciens
Faust en concert... Faut-il s'attendre à une partition à la muet ou à une composition éléctronique façon Laurent Garnier ? Rami et Bachar Khalifé entrent en scène, l'un au piano, l'autre aux percussions. Et c'est au moment où Faust et Mephisto s'envolent vers l'Italie, Faust bien décidé à jouir des plaisirs de la vie, que la grâce commence réellement. Quelques moments de silence succédent à la musique, rendant le film plus intense, encore plus magique. Le piano classique prend des sonorités étranges, presque éléctroniques, les rythmes eux, plutot rock, et l'on pense parfois beaucoup à Radiohead, et plus encore à Thom Yorke, dernier opus solo. Equilibre parfait qui ne fait jamais oublier le film, jamais oublier la musique
Bachar KHALIFE
Né à Beyrouth en 1983 d'une famille de musiciens, Bachar Khalifé commence l'étude du piano peu de temps avant de quitter le Liban. Il rejoint la France à l'âge de six ans où il suivra des cours avec le pianiste de renommée internationale Abd El Rahman El-Bacha. Dès l'âge de 11 ans, il suit en parallèle les cours de percussions de Michel Cals au conservatoire de Boulogne-Billancourt. A 16 ans, il obtient le Premier Prix de piano et décide alors de se consacrer à l'étude de la percussion contemporaine.
En 2003, il est admis à l'Unanimité au Conservatoire Supérieur de Paris dans la classe de percussion de Michel Cerutti et décroche trois ans plus tard son Diplôme de Formation Supérieure Mention Très Bien.
En autodidacte passionné, il se perfectionne dans les techniques de percussions digitales durant son adolescence. Il est très vite approché par des musiciens en recherche de musiques nouvelles, qui voient en lui une polyvalence rare et une oreille musicale d'exception. Du jazz à la musique électronique, en passant par les musiques traditionnelles, il se produit à travers le monde aux côtés notamment de Francesco Tristano, Bojan Z, Carl Craig, Moritz Van Oswald, Trilok Gurtu, Aufgang, Dhafer Youssef, Hadouk trio, Absolute Ensemble, Theodosii Spassov, Trio Joubran, Sivan Perwer, Napoleon Maddox...
Exposé dès son plus jeune âge de par l'activité de son père, le renommé musicien et compositeur Marcel Khalifé, Bachar Khalifé s'intègre naturellement en tant que percussionniste soliste dans son ensemble Al Mayadine, et ce dès l'an 2000. Depuis, il y côtoie des musiciens d'expérience comme Mark Helias, Marcio Doctor, Peter Herbert, Simon Shaheen, ainsi que de jeunes solistes comme Ismail Lumanovski ou Kinan Azmeh. L'ensemble se produit dans les plus grands festivals et les salles de concerts les plus prestigieuses des cinq continents comme le Sydney Opera House, la Place des Arts de Montréal ou le Town Hall de New York. Al Mayadine a été récemment primé par l'Académie Charles Cros pour l'album Taqasim enregistré en 2008 en trio à New York.
Par ailleurs, Bachar Khalifé travaille et compose avec son frère Rami un répertoire pour des créations de danse, musiques de film et de théâtre, en duo piano-percussion. Ils présentent dans des cinémas parisiens comme le Balzac ou la Cinémathèque, des ciné-concerts sur des films comme Faust, Metropolis, ou L'Homme à la caméra. Bachar Khalifé signe également la direction musicale des deux derniers disques (Pop Art et Chaos) de Rami Khalifé, ainsi que le travail artistique des pochettes en créant dessins et poèmes.
Bachar Khalifé est régulièrement appelé par des ensembles ou orchestres de musique classique ou contemporaine tels que l'Orchestre National de France ou l'Ensemble intercontemporain et joue sous la direction de Pierre Boulez, Susanna Mälkki, Kurt Masur, Christoph Eschenbach, Paavo Järvi...
De 2006 à 2008, Bachar Khalifé enseigne au sein de deux classes, l'une de percussions classiques et l'autre de percussions traditionnelles, au Conservatoire National de Région de Toulon Provence Méditerranée. Même s'il affirme avoir beaucoup appris de cette période, il estime plus pertinent d'intervenir dans la pédagogie sous forme de master-classes, style de cours qui convient mieux à sa réalité d'interprète.
En juin 2008, il s'associe au percussionniste soliste de l'Ensemble intercontemporain Gilles Durot et à l'accordéoniste Anthony Millet pour fonder le Trio Khalifé/Durot/Millet, dédié à la création contemporaine. Ils se produisent notamment à la Cité de la Musique de Paris et au Grand-Théâtre de Bordeaux, où ils interprètent des œuvres dont ils sont dédicataires.
En 2008-2009, Bachar Khalifé a été invité à se produire en soliste pour une série de concerts avec le Qatar Philharmonic Orchestra, sous la direction de Maestro Lorin Maazel, dans des lieux comme le Kennedy Center de Washington, le Teatro alla Scala de Milano ou le Théâtre des Champs-Elysées de Paris.
Bachar Khalifé compose des œuvres musicales pour des ensembles qui lui passent commande, comme Calliope, Quinto Centos, BAce quartet ou le Trio K/D/M, et travaille sur la sortie de plusieurs enregistrements de ses oeuvres musicales pour 2010, en tant que chanteur et interprète. L'édition de ses compositions est également programmée pour l'année à venir.
Rami KHALIFE
A 25 ans, Rami Khalifé choisit d'enregistrer pour son troisième album "piano concertos", le "Concerto n° 5 pour piano" de Prokofiev. Cette pièce, difficile, complexe et peu enregistrée dévoile la vision artistique issue d'un motif bien singulier de cet extraordinaire pianiste. Bien que conçue d'après les normes classiques de son temps, elle évoque une vision futuriste aux nuances de jazz, western, et même cartoon. Sur ce même album, le "piano concerto n°1 " lui est dédié par Abdallah el Masri, un compositeur libanais peu connu que Rami fait découvrir par la splendide interprétation de cette pièce ambitieuse que l'on peut situer dans la lignée de Ravel, une musique foisonnante et parfois même tonitruante.
Né dans une famille de musiciens, il parait très naturel à Rami Khalifé de découvrir la musique. Son talent précoce se remarque immédiatement et dès l'âge de six ans on le place sous la tutelle d'un professeur de piano dans sa maison natale au Liban.
Rami n'avait que huit ans quand il doit déménager à Paris, soumettant son développement musical en pleine floraison à un choc culturel. Plus tard, ses créations se basent sur son vécu de la guerre au Liban et l'intégration soudaine à l'atmosphère plus réservée de la vie parisienne. Une sorte de rébellion se crée en lui à l'encontre d'un quotidien bien organisé et plutôt égotiste qu'il découvre à Paris, un antipode à la chaleur humaine propre à son Liban natal, un pays en proie à la guerre et à la mort, d'où il vient de fuir.
Son inspiration créatrice provient assurément de l'image de son père, un idéaliste en révolte, image qui le nourrit d'éléments plus beaux et dramatiques. Il plait à Rami Khalifé, émotionnellement extraverti par nature, de protester contre tout ce qui le gêne, bien que sans jamais essayer d'atteindre un but précis. L'effort de rendre chaque création plus belle, plus artistique, plus profonde est une constante source d'inspiration pour Rami qui préfère prendre des risques que de se contenter de ses réussites, le poussant vers un désir de recherche et de perpétuelle évolution, loin du confort et de la sécurité que celles-ci pourraient lui offrir. De là naît un répertoire d'œuvres ambitieuses et peu jouées, de créations originales qui ne cherchent pas toujours à plaire, mais plutôt entrainent l'imagination sur un terrain innovateur où la curiosité trouve porte ouverte vers de nouveaux horizons musicaux.
La carrière artistique de Rami Khalifé commence avec son album " Scene from Hellek ", enregistré en 2003 et 2004 et qui paraît le jour où la guerre en Irak est déclarée. Une œuvre au caractère nostalgique et éminemment personnel, elle est improvisée sur le thème des cultures qu'il connaît. Une musique cosmopolite aux reflets de jazz dont il s'écartera plus tard en faveur de genres plus spontanés, elle progresse parallèlement à l'évolution déjà prodigieuse de sa jeune vie. Les douze pièces se succèdent, chacune gagnant en maturité pour aboutir à un langage plus épuré et une fugue beaucoup plus contenue dans le dernier morceau.
A partir de " Scene from Hellek ", la personnalité musicale de Rami progresse vers une expression plus personnelle, dépouillée d'influence. Rami se réjouit de savoir que l'entourage musical qui lui est familier ne peut se référer à autre chose quand on l'écoute. Parfois évocatrice du hard rock de par son attitude et sa violence, sa musique ne manque pas de passages calmes et méditatifs, deux extrêmes qu'il aime confronter.
La musique de Rami s'exprime par toutes les techniques que contient son art et se ressent intimement et profondément. Il ne voit pas le piano comme un simple instrument. Pour Rami, c'est une âme qui doit vivre. Chacun de ses concerts exprime la vie dans tout son concentré d'émotions et toute la palette qu'elle puisse offrir, soumettant son public à un moment de vérité important, sans détour et en toute franchise, et reflétant à la fois nostalgie et espoir.
Par soif de s'ouvrir aux autres cultures, Rami cherche à populariser la musique en l'offrant à un public jeune qui n'a pas eu l'occasion de la découvrir. Cet échange lui donne le courage et l'espoir de créer sa propre vérité en laissant tout ouvert, en dehors des normes établies. Pour Rami, il n'y a pas de vérité universelle.
Rami Khalifé essaye d'être un homme de son temps et parvient à mélanger les arts différents, en collaborant avec des créateurs de tous genres, entre autres, cinéastes, chorégraphes, vidéastes, et acteurs. Partant d'un principe philosophique, la performance artistique l'intéresse plus que le simple concert. Il ne fait pas de compromis, délivrant un discours authentique, au risque de se faire rejeter. Il ne s'empêche pas de marier dans une même composition, un ordinateur et deux pianos, composition exprimant en toute sincérité une dualité où le passé confronte le présent dans l'espoir de créer l'avenir, mais dépourvue d'un but commercial de divertissement.
Essentiellement, chaque choix trouve sa vraie place. Ce qui compte pour Rami Khalifé, c'est l'art qui bouleverse et fait penser, où images et sons représentent son expression intellectuelle et émotionnelle, et où l'auditeur n'entend jamais le même morceau de la même façon et n'est pas prêt à l'oublier.
Fusionnant diverses techniques modernes avec une méthodologie classique rigoureusement assimilée, Rami est un musicien de calibre extraordinaire qui offre à son public varié un langage unique dans sa plus pure expression musicale.